LES EXPÉRIENCES de Mat:
3 carnets de dessin pour des approches différentes

©Mata Let

Commencer un nouveau carnet, c’est littéralement ouvrir une nouvelle page de votre vie: un moment plein de promesses et un peu angoissant. Mais avant de commencer le carnet, encore faut-il l’avoir choisi, et bien de préférence.

Personnellement, je me déplace toujours avec trois carnets:
– un grand A4 pour les croquis ambitieux, posés;
– un format A5 pour les scènes plus rapprochées (généralement, des gens dans des bars);
– un autre A5 réservé aux croquis dans les transports en commun.
Pour compléter le tout, j’ai souvent un petit carnet de brouillon dans lequel je m’autorise à faire à peu près n’importe quoi.

Oui je sais, ça semble beaucoup, mais comme ça je suis paré à toute éventualité !

Il y a 5 ans, quand j’ai commencé à dessiner vraiment quotidiennement, j’ai acheté un Moleskine « sketchbook » A5 pour dessiner dans le métro parisien. C’est un carnet mix média et il supporte plus ou moins n’importe quelle technique, dont l’aquarelle, même s’il ne faut pas espérer y faire de beaux aplats ou dégradés.

Dans le métro, j’aime tester différentes techniques (encre, crayons de couleur…) et ce carnet s’y prête parfaitement. Aujourd’hui, j’en suis au neuvième dans cette série.

Des formats adaptés en fonction des situations: verticalité et horizontalité

C’est donc tout naturellement que quand j’ai voulu croquer d’autres scènes, je me suis acheté un Moleskine A4, aquarelle cette fois-ci.
Je trouve que le format à l’italienne (paysage) s’adapte particulièrement bien au style carnet de voyage, il permet notamment de mettre deux ou trois dessins d’affilée sur la même page et d’intercaler les textes dans la narration ou de faire des croquis panoramiques.

Mais pour ma vie quotidienne à Paris, ce format n’est pas très bien adapté à la verticalité du paysage. Depuis quelque temps, je suis passé sur le modèle à la française (portrait) et je l’affectionne particulièrement.
Il me permet enfin de croquer les immeubles dans leur hauteur et en double page, il offre la surface d’une feuille A3, qui me permet de dessiner plus grand, de lâcher mon geste et ma composition.
J’adore !

©Mat Let

Qualité technique du papier

J’entends pas mal de sketchers critiquer la qualité du papier Moleskine. Moi je ne suis pas un expert en papier, mais surtout, je pense que c’est une question d’habitude.

Quand on connaît un papier, on sait comment il absorbe, comment l’eau s’y répand et c’est toujours déstabilisant de passer à autre chose (j’ai du mal avec les papiers qui boivent beaucoup, par exemple).

Sur les formats à l’italienne en A4 aquarelle, j’ai aussi testé et apprécié les modèles de Hahnemühle et Seawhite of Brighton.

En terme de prix (élevé, donc) et de qualité, ils sont tout à fait équivalents aux Moleskine, même si je reviens toujours à ces derniers par fidélité et à cause de la page au début où il est écrit «Ce carnet appartient à…».
C’est mon petit rituel perso de remplir cette page avant de commencer le carnet!

©Mat Let

Un autre carnet a pris pour moi une importance toute particulière: le Hahnemühle Greybook. C’est un format A5 à la française sur papier gris, que la marque m’avait gentiment envoyé pour le tester.

Il traînait dans mon placard depuis quelque temps et je l’ai finalement sorti le premier jour du confinement. Son papier gris me semblait parfaitement adapté à la période et surtout, je n’avais pas envie de faire de l’aquarelle à ce moment-là.

J’ai essentiellement dessiné dessus au feutre et au posca blanc, ajoutant parfois un peu d’encre ou d’aquarelle pour faire les ombres. Le papier n’aime clairement pas les techniques humides mais pour le dessin au trait, il est parfait.

Et surtout, dessiner sur papier coloré,  c’est s’offrir la possibilité de dessiner la lumière, ce qui est extrêmement agréable et d’abandonner la tentation de «remplir » les pages par des aplats de peur de laisser trop de blanc.

Ce carnet restera dans mon cœur puisqu’il est devenu un livre que j’ai autoédité !

©Mat Let

Dwa, le nec plus ultra artisanal des carnets de voyages

D’autres carnets pour lesquels j’ai une affection particulière sont ceux créés par mon ami Dwa. Carnettiste et auteur de BD malgache, Dwa fabrique et relie lui-même ses carnets avec de belles couvertures en cuir colorées et du papier aquarelle de grande qualité.

Il m’en avait offert un petit au format carré que j’avais rempli en une semaine lors d’un voyage à Dublin. Changer de papier et de format avait modifié ma façon de dessiner et d’aborder mes sujets.

Le carnet influe toujours sur le dessin!

©Mat Let

Le carnet de brouillon

Parlons enfin du petit carnet de «brouillon». Pour celui-là, pas de recommandation de marque, de format… Juste le carnet le plus simple, le moins cher que vous trouverez. Ayez-le toujours sur vous et sortez-le pour tester des choses, prendre des notes, faire des exercices, tenter et rater, parfois tenter et réussir.

Ce carnet, pas besoin de le partager, de le montrer, il peut rester secret mais il va vous apprendre beaucoup de choses!

©Mat Let

Conclusion de Mat : L’expérimentation individuelle, mère de toutes les vertus 

Il n’est pas facile de recommander un carnet plus qu’un autre. Je recommanderai plutôt l’expérimentation: testez différentes marques, papiers, formats, petit à petit les carnets s’imposeront par eux-mêmes et votre collection commencera à grandir. Et puis, régulièrement, offrez-vous la possibilité de la découverte en testant (ou en fabriquant) quelque chose de nouveau pour accueillir les nouvelles pages de votre vie !

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©Mat Let et son livre du confinement

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